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Nathalie, 23 ans

« Suite à une séance d’une thérapie nommée « analyse de réinformation cellulaire (ARC) », il avait été décelé que mes problèmes de surpoids de déprime et d’anxiété pouvaient être liés à des occultations. J’ai donc pris rendez-vous chez un psychologue catharsiste qui a confirmé la présence d’occultations. Mais suite à cet entretient d’évaluation, j’étais sceptique malgré tout, car j’aime mes parents et j’ai une très bonne relation avec eux. J’ai de bons souvenirs de ma jeunesse, cependant, je me suis quand-même lancée à l’eau pour quatre séances d’essais. »
« Dès la première séance, des souvenirs très nets se sont imposés. En ouvrant la seule et unique porte de mon tunnel, j’ai tout d’abord vu, durant quelques secondes, un verre de sirop grenadine que l’on me tendait, l’odeur de ce sirop m’est revenue comme si je l’avais sous le nez et j’ai ressenti un fort dégoût. Il faut dire que je déteste cette odeur (j’ai compris par la suite pourquoi). Puis j’ai vu que c’était la maîtresse principale qui me le tendait. Je me suis en fait retrouvée à l’école, lors des classes gardiennes ou je restais pour faire mes devoirs, j’avais onze ans. C’était en fait inhabituel, car d’habitude je rentrais chez moi, mais là, ma mère était entrée la veille à la maternité pour accoucher de mon petit frère. La première séance n’avait donné que ça, rien de plus, mais je savais que j’étais entrée en contact avec quelque chose de primordial, mais que j’ignorais encore pour l’instant. »
« Au début de la seconde séance, je me suis sentie entrain de sauter sur place, puis j’ai compris en revoyant le préau, que j’étais entrain de sauter à l’élastique. C’était le même jour qui revenait, mais environ une heure plus tôt. J’ai vu aussi revu le boulanger avec sa salopette blanche et son tablier qui venait livrer le pain qu’on allait nous distribuer dans quelques instants avec du chocolat. Il n’ y a rien eu de plus que cette fin de journée qui revenait avec plein de petits détails. »
« C’est également à cette période là que j’ai changé de caractère. D’après mes parents, j’étais devenue plus agressive avec mon entourage et je dormais très mal. A l’époque, on avait mis ce brusque changement sur le compte d’une jalousie non avouée face à la venue de mon petit frère. »
« La troisième séance fut identique, je revoyais l’école, les jeux dans le préau, et ce verre de sirop que la maîtresse me tendait.
Quelques détails concernant ma vie actuelle se sont imposés en plus. Je me suis vue dans des situations contemporaines où j’éprouvais une sorte de répulsion pour certaines choses, comme le sirop grenadine, être coincée dans le bus ou assise dans un train face à un jeune homme ayant une barbe naissante, l’odeur des feuilles mortes et des champignons, ainsi que le bruit de la respiration que font les gens qui sont essoufflés. »
« Tout cela me semblait un peu futile, mais c’est que mon subconscient préparait le terrain, car c’est lors de la quatrième séance que ces éléments ont commencé à prendre sens.
J’ai commencé à ressentir une grande détresse et j’ai compris qu’on me tendait un verre de sirop parce que j’avais pleuré et que j’avais mal partout. Je voyais aussi ma robe pleine de boue et mes collants tout sale. Il s’était passé quelque chose entre ce moment où je jouais avec mes copines et le moment où je buvais ce sirop. »
« Les autres séances ont été très pénibles, j’ai revu, morceaux après morceaux, ce qui c’était passé durant ce laps de temps. »
« Il y avait un parc à côté de l’école mais il était interdit d’y aller, mais j’habitais pas loin et je voulais rentrer chez moi. J’avais passé outre l’interdiction, l’apprenti boulanger m’avait vu et il m’avait suivie.
Il m’avait rattrapée, il me regardait fixement et j’avais extrêmement peur, il avait une barbe naissante et une boucle d’oreille, je me suis mise à reculer en le voyant, j’ai trébuché sur une racine et suis tombée sur le sol, tête en arrière, j’ai été sonnée par ma chute car ma tête avait heurté une autre racine, la terre était humide, on était en automne, il y a avait des feuilles morte. IL s’est jeté sur moi en respirant très vite et il a abusé de moi ce qui m’a fait perdre connaissance. En me réveillant j’étais très mal, dans un état second, j’avais très peur, mais la seule chose qui me restait à l’esprit était le fait que j’aie désobéi et que je devais retourner à l’école avant que la cliche ne sonne. J’avais mal et très peur, je pleurais lorsque les surveillantes m’ont amenée vers la principale qui a cru que je m’étais fait mal en tombant.
Le plus incroyable c’est que je croyais ça moi aussi, car j’avais tout oublié !!! Une partie de moi était pour ainsi dire morte-vivante depuis cet événement. »
« Depuis cette séance, j’ai compris énormément de choses me concernant, certaines de mes réactions, ma peur des hommes, mes accès de boulimie… certains dégoûts incompréhensible etc. »
« Après cet événement, il n’y avait plus de porte dans mon tunnel, mais juste un ski posé en travers et qui me barrait la route, ce symbole mis en contact avec une grave chute de ski que j’avais faite dix ans plus tôt et qui m’avait coûté plusieurs mois d’hôpital, immobilisée. »
« Puis ce fût la fin, la fin de la thérapie et la fin de mes angoisses.Maintenant je me sens bien dans ma peau, et je me sens vivre, libérée d’un poids immense. »


Jean-Marc, 43 ans.

« J'ai terminé ma catharsis il y a 5 ans déjà ! Mais j'ai envie de dire 5 ans seulement, car j'ai perdu un temps important à tourner en rond auparavant. »
« Mes problèmes ont commencé dès l'adolescence, j'étais de plus en plus anxieux, je me sentais mal à l'aise, déprimé en permanence sans savoir vraiment pourquoi. Vers les 18 ans, j'ai eu des attaques de paniques, des crises d'angoisses, c'était horrible, j'avais l'impression que des forces maléfiques me possédaient. Lorsque je sortais avec des copains, j'avais "peur d'avoir peur" et je buvais souvent pour me calmer, idem pour chercher un emploi, inviter une femme à danser... »
« À l'époque, je ne parlais à personne de mes crises d'angoisses, car j'avais peur qu'on me prenne pour un fou, je ne comprenais pas ce que c'était. Puis un jour, j'ai osé en parler à mon généraliste qui m'a référé à un psychiatre. J'ai dû prendre des anxiolytiques durant plusieurs années, ça allait un peu mieux, mais en profondeur, je sentais une immense détresse qui persistait et qui me faisait peur. »
« J'ai alors fait des recherches pour trouver des solutions différentes, et j'ai eu une période d'expériences thérapeutiques plus ou moins heureuses, mais ouvrant sans cesse la voie à d'autres traitements, d'autres méthodes, etc. J'avais parfois l'impression décourageante que j'allais passer ma vie à me soigner et bien que j'aie réussi à me passer de médicaments, je me sentais profondément triste et tendu... »
« C'est lors d'une conférence à Genève, d'un psychothérapeute canadien, que j'ai senti que j'avais peut-être trouvé une solution à mes problèmes... J'ai débuté ma catharsis en janvier, je sentais que cette méthode me convenait et que j'allais enfin pouvoir aller voir tout au fond de moi-même pour me libérer de ce fond noir et morbide qui m'habitait en permanence et que je haïssais. »
« Les séances se suivaient, et je sentais en moi, sans que je puisse le cerner précisément, que j'allais de mieux en mieux. Je retrouvais des souvenirs d'enfance, des ambiances qui s'étaient imprimées en moi comme des interdictions de vivre et que je les dépassais successivement. »
« Parfois, il ne se passait rien de précis, mais mon corps exprimait des sensations et des émotions qui me semblaient être en moi, contenues et comprimées, depuis ma naissance. À chaque fois, je me sentais libéré d'un poids supplémentaire. Je me sentais aussi devenir plus responsable et respectueux envers ma propre vie, car elle retrouvait une dimension de joie. Je ne pensais plus à comment vivre, craignant toujours le pire, je sentais simplement que j'étais vivant. Alors qu'auparavant, je me levais avec beaucoup de peine et abattu, je me surprenais parfois au coucher à être pressé d'être demain et de me lever pour vivre ma prochaine journée… »
« Tout ressemblait au bonheur, si ce n'est que je continuais à trop boire. Je n'étais plus anxieux, mais je m'étais habitué à un comportement qui était devenu un réflexe incontrôlable, compulsif. Cependant, je me sentais également de plus en plus en contradiction avec moi-même lorsque je buvais, cette image ne me correspondait plus et pourtant je rechutais systématiquement… »
« Cette lutte avec l'alcool est devenue presque une obsession, et plus je luttais, plus je rechutais, plus je me sentais à nouveau mal, déprimé, anxieux… Peu à peu, j'avais l'horrible impression de retourner à la case départ. Je me suis mis à douter de ma capacité à terminer ma catharsis et de m'en sortir un jour. »
« C'est à ce moment-là qu'il est apparu, dans ma thérapie, qu'une situation revenait sans cesse, bien qu'il sembla qu'elle fût exprimée complètement… En insistant un peu, je remontais encore plus loin dans mon passé, vers des vécus similaires et pour finir, je retrouvais une période horrible de ma petite enfance, où j'avais été séparé de mes parents durant quelques mois. Au moment de la séparation, ma mère n'avait pas supporté que je m'agrippe à ses jambes en hurlant, et dépassée par la situation, elle m'avait donné une gifle pour me faire reprendre mes esprits. Je me souvenais de cet incident, mais j'avais complètement oublié l'effet qu'il avait produit sur moi. Ça m'avait complètement ébranlé, je dirais même, rapproché d'un état qu'on nomme la mort. Je m'étais calmé sur-le-champ, j'étais devenu "raisonnable". Mais quelque chose de noir, d'obscure et de vide était entré en moi. C'est cette sensation, complètement oubliée, ignorée, occultée, de détresse inouïe, que je retrouvais intacte. Je me rendais comte alors que cette lutte avec l'alcool, c'était une lutte avec ma mère, c'était de la haine, c'était une douleur atroce qu'un petit garçon continuait à vivre en moi, sans que je le sache. »
« Je me sentais hurler de rage et de douleur, presque comme un animal, cette douleur sortait du plus profond de moi, c'était violent et en même temps tellement libérateur que j'ai pu aller au bout de ce sentiment morbide en dépassant l'immense culpabilité d'un tel sentiment. En osant aller au bout de ma haine envers ma mère, je lui pardonnais en même temps. Plus je reconnaissais, exprimais, acceptais cette haine, plus je m'en libérais et retrouvais cette sensation (et non pas l'idée, la pensée), oubliée depuis des années et des années, qu'est l'amour. »
« Ensuite, j'ai dormi presque deux jours de suite, tellement j'étais épuisé. En fait, je n'étais pas plus épuisé que d'habitude, mais j'avais une force nouvelle qui me permettait d'exprimer un épuisement profond et de me laisser aller pour m'en débarrasser. Ce furent mes dernières séances. »
« Cinq ans plus tard, je me rends compte à quel point j'ai changé. En fait, je n'ai pas changé, je suis enfin devenu moi-même. Il n'y a rien de plus beau que de pouvoir être soi, sans angoisses, sans honte, sans avoir peur de l'autre, sans alcool, il n'y a rien de plus fabuleux que d'être en vie et d'aimer ça, tout simplement. »

TEMOIGNAGES


Certains éléments des témoignages qui sont reproduits ici, ont été volontairement modifiés (prénoms, lieux...) pour préserver l’anonymat des personnes et de leur famille.  

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Sandra, 12 ans

Avant que je vienne chez vous, j'étais tout le temps un peu nerveuse et j'avais un peu peur d'aller à l'école. Ma mère s'énervait car elle me trouvait trop dans la lune et que je ne l'aidait pas assez. J'avais aussi souvent mal au ventre. Je me sentais comme un ballon crevé. Au début j'étais pas contente de venir vous voir, mais après ça allait. Y'a qu'a se laisser aller et raconter ce que l'on voit et ce que l'on sent. ça se passe tout seul, sans efforts. Maintenant je sais que j'étais pas comme un ballon crevé, mais qu'il était simplement dégonflé. Je me sent mieux, je me concentre plus facilement  et j'ai l'impression que le choses sont plus faciles.
Marc, 71 ans

Marc est né en France en 1931 de père français et de mère suisse. En 1946, ses parents héritent d’une maison en Suisse et ils déménagent la même année. Ils placent leur fils durant un mois dans une pension catholique pour effectuer le transport et les formalités.
A 22 ans, Marc se marie et son épouse, qui décède en 1992, lui donnera quatre enfants. Au moment du décès, la fille cadette habite encore un appartement dans la maison familiale et peut s’occuper de son père en alternance avec un service d’aide à domicile. Deux ans plus tard sa fille quitte son appartement pour se mettre en ménage et Marc doit vendre la maison familiale. Il emménage alors volontairement dans un appartement protégé.
Rapidement, Marc se plaint d’une oppression dans la poitrine, il dort mal et a un sentiment d’épuisement. Malgré un changement pour un appartement donnant sur la cour intérieure qui est beaucoup plus silencieuse, une médication légère pour favoriser l’induction au sommeil et des nuits meilleures, il se plaint toujours d’une grande fatigue et d’une oppression dans la poitrine.
C’est alors qui sa fille lui propose de faire une catharsis, traitement qu’elle connaît pour en avoir suivit une elle-même.
Entrer dans le détail de sa catharsis est hors de propos ici, je me limiterai donc à l’essentiel.
Pour reprendre ce qui a été avancé précédemment, la fatigue semble être de type exogène puisqu’elle apparaît suite à un changement important. Cependant, malgré les nouveaux aménagements dont il semble satisfait, sa plainte reste identique au niveau de la fatigue et de l’anxiété. Quelque chose en lui ne peut s’adapter à la situation nouvelle.
La catharsis débute par des séances axées sur le ressenti corporel. En s’attardant sur l’oppression ressentie sur la poitrine des images représentant (d’abord symboliquement ) des séparations apparaissent. Ensuite, il revoit son épouse, les moments joyeux, exprimant également la douleur de l’avoir perdue, comme s’il terminait un processus de deuil.
Puis, d’autres problématiques secondaires se sont exprimées pour que, progressivement, nous arrivions à des situations (parfois très flous, parfois « comme si on y était » ) très anciennes et oubliées.
Dans la dernière phase de la thérapie, les oppressions qui avaient diminué jusque là augmentèrent à nouveau, ainsi qu’un sentiment de grande lassitude. Mais cette fois-ci, la sensation d’oppression mettait systématiquement Marc en lien avec son quotidien contemporain.
L’occultation majeure fut levée au moment où il se visualisait et se décrivait pénétrant dans son appartement le jour de son arrivée. Il fit une régression spectaculaire qui lui permis de revivre tout un pan occulté de son ressenti lors du déménagement qu’il avait fait enfant, pour venir habiter en Suisse.
Pour de multiples raisons, il avait très mal vécu son arrivée dans cette institution catholique, persuadé que ses parents l’abandonnaient pour toujours. Cet événement marque également une grande douleur liée à la perte de ses amis et des lieux de son enfance. En fait, il n’avait jamais accepté ce déménagement.
C’est suite à cette séance que les symptômes d’anxiété et de fatigue ont très nettement diminués et ce, de manière durable.
Pour conclure, je reproduis ici quelques extraits de la fin de son témoignage :
« Je ne comprenais pas que je refusais cette étape de ma vie, que ce qui m’oppressait n’était autre que ma peur de l’abandon »
« Je suis pas un homme à faire des manières et je me perçois comme plutôt courageux, j’avais peur, peur que mes parents ne viennent pas me rechercher, comme durant toutes ces nuits blanches ou je priais le Seigneur pour qu’ils ne m’abandonnent pas dans cet internat. Je ne me rendais pas compte que je refusais de voir en face ma nouvelle situation, même si c’était moi qui avais eu l’illusion ou le sentiment de décider de déménager dans cette appartement protégé. »
« En repassant ce passé, j’ai accepté ce que j’avais vécu ... j’ai pardonné à mes parents même si j’ignorais que je ne leur en avais jamais voulu ! J’ai aussi plus de sérénité quand je pense à mon épouse. Je me sens plus calme, j’ai plus d’énergie et je fais des projets, ce n’est pas le « paradis » mais il y a une amélioration globale. »